Le mouvement « Le communautaire à boutte » c’est quoi ?
C’est un mouvement historique de grève du milieu communautaire, porté par des organismes de partout au Ǫuébec, qui œuvrent dans plein de secteurs différents : famille, jeunesse, aînés, action bénévole, sécurité alimentaire, etc.
Le mouvement est né à la suite d’un énième rehaussement de notre financement inférieur à l’inflation. Dans un monde où les besoins augmentent à vitesse « Grand V », mais où le financement des organismes augmente à vitesse d’escargot, des groupes ont levé la tête et dit clairement : ça ne suffit plus.
Plusieurs constats majeurs s’imposent :
- Le gouvernement fait preuve d’un manque flagrant de reconnaissance et de financement envers les groupes communautaires et leur expertise en action et développement communautaire;
- Le taux de roulement dans le secteur communautaire est un des plus élevés au Ǫuébec, parce que les conditions de travail sont souvent dérisoires et précaires;
- Au rythme où le déséquilibre entre l’augmentation des besoins et le financement s’accentue, des centaines, voire des milliers d’organismes pourraient devoir fermer d’ici quelques années.
Devant ces constats, le CABVER a joint sa voix à celles de près de 2000 groupes communautaires au Ǫuébec dans le cadre du mouvement « Le communautaire à boutte » dans les deux dernières semaines.
Le communautaire est un pilier essentiel partout au Ǫuébec. Et partout, il est à boutte!
Malheureusement, ces deux semaines de grève sociale ne semblent pas avoir ébranlé le gouvernement de la CAǪ qui repousse toutes nos demandes de négociations à un avenir hypothétique.
La dure réalité de la vulnérabilité de nos communautés
Ce n’est pas de gaieté de cœur que les organismes communautaires ont fait la grève du 23 mars au 2 avril 2026. Certains organismes ont complètement fermé. D’autres, comme le CABVER, ont adopté des mesures de réduction des services pour limiter l’impact sur les personnes qui dépendent des services offerts par nos bénévoles pour SURVIVRE, rien de moins. Mais était-ce suffisant ? Clairement pas !
Néanmoins, presque tous les organismes communautaires québécois ont fait de la sensibilisation et de l’éducation populaire sur leur réalité. Cette réalité, pour des organismes comme le CABVER, c’est que les organismes qui desservent des personnes dites « vulnérables » sont souvent aussi vulnérables que ces personnes. Ça devient alors un cercle vicieux, car plus l’organisme est vulnérable, moins il peut desservir sa communauté et moins il dessert sa communauté, plus les citoyens sont à risque d’être vulnérables. Et lorsque les citoyens sont vulnérables, alors la communauté l’est aussi.
Nous ne sommes « pus en grève, mais encore à boutte »
Certes, le CABVER a amorcé un certain retour à la normale depuis le mardi 7 avril 2026, mais la normale, c’est quoi ? Il ne faut pas se dire que, parce que la grève est finie pour le moment, tout va bien. Nous sommes toujours sous-financés, trop souvent par projet. Nous sommes surchargés, épuisés, parfois même anxieux et démoralisés. Le Gouvernement nous prend pour acquis, mais parfois la population aussi. Alors, si ce qu’on fait vous parle, si ce qu’on est vous tient à cœur, merci de démontrer votre soutien envers le mouvement « Le Communautaire à boutte » en continuant à parler de nous et de nos enjeux et en continuant à réclamer au Gouvernement plus de financement à la mission pour les organismes communautaires qui tiennent le filet social à bout de bras.
On n’est peut-être plus en grève, mais on est encore À BOUTTE !













